L'effet Osmos, pourquoi les défis actuels semblent minuscules avec le recul
Un objectif qui semble aujourd'hui délirant devient insignifiant une fois l'entreprise à sa hauteur
- Dans le jeu vidéo Osmos, un organisme grandit en absorbant des bulles plus petites ; toucher une bulle plus grande le tue — une image accélérée d'une dynamique observée chez les entreprises en forte croissance.
- Un défi qui paraît d'abord immense, presque délirant, devient à portée de main plus vite qu'on ne le croit, puis peu après presque insignifiant.
- Manifestations observées : des opportunités médiatiques autrefois convoitées deviennent négligeables ; des concurrents autrefois perçus comme des géants deviennent insignifiants ; des objectifs de vente autrefois fantaisistes semblent presque mignons de modestie ; un bureau jugé trop grand devient vite trop petit.
- Citation de Bill Gates mobilisée : la plupart des gens surestiment ce qu'ils peuvent accomplir en un an, et sous-estiment ce qu'ils peuvent accomplir en dix ans.
- Le problème pratique : ce phénomène met des années à se manifester en entreprise, donc l'intuition ne se développe pas naturellement — d'où l'intérêt d'un raccourci comme le jeu Osmos pour en saisir la logique en quelques minutes.
- Face à un objectif qui semble aujourd'hui délirant, la question à poser n'est pas s'il est raisonnable maintenant, mais à quoi il ressemblera une fois l'entreprise à sa hauteur.
Comment le phénomène se manifeste chez une entreprise en croissance
L'agence a observé cet effet se répéter sous plusieurs formes chez ses clients : des opportunités médiatiques ou de relations publiques autrefois convoitées deviennent, plus tard, à peine dignes d'attention ; des opportunités commerciales autrefois saisies avec enthousiasme laissent, plus tard, un sentiment de culpabilité à ne pas y donner suite ; des concurrents autrefois perçus comme des géants deviennent insignifiants ; des objectifs de vente autrefois fantaisistes finissent par sembler presque mignons de modestie ; un bureau autrefois jugé démesurément grand devient, peu après, inconfortablement petit.
Pourquoi il faut apprendre à ressentir cet effet à l'avance
Sans une appréciation consciente de ce phénomène, il manque le courage nécessaire pour élaborer, dès le départ, des plans jugés « délirants ». C'est précisément ce que visait Bill Gates en observant ceci :
La plupart des gens surestiment ce qu'ils peuvent accomplir en un an, et sous-estiment ce qu'ils peuvent accomplir en dix ans.
Le problème pratique est que ce phénomène met des années à se manifester en entreprise : même quand tout se passe bien, il faut longtemps avant d'en ressentir intuitivement la mécanique — d'où l'intérêt d'un raccourci comme le jeu Osmos pour en saisir la logique en quelques minutes plutôt qu'en plusieurs années.
Application pratique
Face à un objectif qui semble aujourd'hui délirant ou hors de portée, la question à poser n'est pas s'il est raisonnable au regard de la situation actuelle, mais à quoi il ressemblera une fois que l'entreprise aura grandi jusqu'à sa hauteur — car c'est précisément cette croissance, et non une révision à la baisse de l'ambition initiale, qui rend le délirant ordinaire.
FAQ
Qu'est-ce que l'effet Osmos, et pourquoi ce jeu vidéo sert-il d'image pour ce phénomène ? L'effet Osmos désigne le fait qu'un défi qui paraît d'abord immense devient, plus vite qu'on ne le croit, à portée de main, puis peu après presque insignifiant, à mesure qu'une entreprise grandit. Le jeu vidéo Osmos, où un organisme circulaire grandit en absorbant des bulles plus petites que lui, sert d'image parce qu'il compresse en quelques minutes de jeu une dynamique qui, en entreprise, met des années à se manifester — permettant de saisir intuitivement une logique qu'une seule expérience professionnelle réelle ne suffit généralement pas à révéler.
Sous quelles formes concrètes ce phénomène se manifeste-t-il dans une entreprise en croissance ? L'agence l'a observé répété sous plusieurs formes chez ses clients : des opportunités médiatiques ou de relations publiques autrefois convoitées deviennent à peine dignes d'attention ; des opportunités commerciales autrefois saisies avec enthousiasme laissent plus tard un sentiment de culpabilité à ne pas y donner suite ; des concurrents autrefois perçus comme des géants deviennent insignifiants ; des objectifs de vente autrefois fantaisistes finissent par sembler presque mignons de modestie ; un bureau autrefois jugé démesurément grand devient rapidement inconfortablement petit.
Pourquoi est-il difficile de développer intuitivement une bonne appréciation de ce phénomène ? Parce qu'il met des années à se manifester en entreprise, même quand tout se passe bien : contrairement à un réflexe qui s'acquiert par répétition rapprochée, cette dynamique s'étale sur une durée trop longue pour que l'intuition s'en imprègne naturellement. Une seule expérience de croissance suffit rarement à en révéler la mécanique, d'où l'intérêt d'un raccourci accéléré comme le jeu Osmos pour en saisir la logique en quelques minutes plutôt qu'en plusieurs années de vécu professionnel.
Que veut dire la citation de Bill Gates mobilisée sur cette page, et en quoi illustre-t-elle l'effet Osmos ? Bill Gates observe que la plupart des gens surestiment ce qu'ils peuvent accomplir en un an, et sous-estiment ce qu'ils peuvent accomplir en dix ans. Cette observation illustre directement l'effet Osmos : sur un horizon court, les gens projettent une croissance linéaire et modeste, sans anticiper qu'un objectif aujourd'hui délirant deviendra ordinaire une fois l'entreprise transformée par sa propre croissance — un phénomène qui échappe à l'intuition précisément parce qu'il ne se déploie pleinement que sur un horizon long.
Faut-il revoir un objectif jugé « délirant » à la baisse pour le rendre plus raisonnable ? Non, c'est précisément l'erreur que ce principe cherche à éviter. Un objectif qui semble aujourd'hui hors de portée ne le reste pas parce qu'il aurait été mal calibré au départ, mais parce que l'entreprise n'a pas encore grandi jusqu'à sa hauteur. Sans une appréciation consciente de ce phénomène, il manque le courage nécessaire pour élaborer, dès le départ, des plans jugés délirants — une révision à la baisse reviendrait à renoncer prématurément à un objectif qui deviendra ordinaire une fois la croissance accomplie.
Comment appliquer concrètement ce principe pour évaluer un objectif ambitieux aujourd'hui ? En se demandant non pas si l'objectif est raisonnable au regard de la situation actuelle de l'entreprise, mais à quoi il ressemblera une fois que l'entreprise aura grandi jusqu'à sa hauteur. Cette reformulation déplace le jugement du présent (où l'objectif paraît délirant) vers un futur projeté (où il deviendra ordinaire), et permet de distinguer un objectif ambitieux mais atteignable d'un objectif réellement déconnecté de toute trajectoire de croissance plausible.